Douleur genou interne en flexion : causes, examens et solutions

Une douleur vive à l’intérieur du genou qui se réveille dès que vous pliez la jambe pour vous accroupir, monter un escalier ou simplement marcher peut rapidement devenir handicapante au quotidien. Cette gêne localisée au compartiment interne du genou en flexion traduit souvent une souffrance du ménisque, du ligament latéral interne, ou encore une usure progressive du cartilage due à l’arthrose. Identifier précisément l’origine de cette douleur permet de choisir le bon traitement, d’éviter les examens inutiles et de retrouver rapidement une mobilité confortable. Ce guide vous accompagne pas à pas pour comprendre ce qui se passe dans votre genou, reconnaître les signaux d’alerte et agir efficacement.

Comprendre la douleur au genou interne en flexion

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Lorsque la douleur au genou interne survient principalement lors de la flexion, certaines structures anatomiques sont plus souvent en cause que d’autres. Le mouvement de pliage concentre les contraintes mécaniques sur le ménisque interne, le ligament latéral interne et le cartilage du compartiment fémoro-tibial interne. Selon le mécanisme de survenue, l’intensité et les signes associés, il devient possible d’orienter le diagnostic vers l’une de ces causes fréquentes.

Comment reconnaître une douleur de type ménisque interne lors de la flexion

Le ménisque interne, petit coussin de cartilage situé entre le fémur et le tibia, joue un rôle d’amortisseur et de stabilisateur. Une lésion méniscale se manifeste par une douleur bien localisée à l’intérieur du genou, souvent décrite comme une pointe ou une piqûre ressentie lors des flexions profondes. Vous pouvez remarquer des blocages intermittents, des craquements audibles ou une sensation de genou qui accroche en cours de mouvement.

La marche sur terrain plat reste généralement supportable, mais descendre les escaliers, s’accroupir pour ramasser un objet ou pivoter sur la jambe devient rapidement douloureux. Ces symptômes sont typiquement aggravés après un effort prolongé et peuvent s’accompagner d’un léger gonflement au niveau de l’interligne articulaire interne.

Douleur ligamentaire interne ou entorse du LLI : quels signaux surveiller

Le ligament latéral interne, situé sur le côté interne du genou, assure la stabilité médiale de l’articulation. Une entorse de ce ligament survient généralement après un traumatisme en valgus, c’est-à-dire un choc qui pousse le genou vers l’intérieur, ou lors d’une torsion brusque du membre inférieur. Les sports de contact, le football ou le ski sont des contextes fréquents.

La douleur ligamentaire est ressentie sur toute la longueur du ligament, depuis le fémur jusqu’au tibia, avec une sensibilité marquée à la palpation. Plier le genou en appui ou changer de direction accentue la gêne. Vous pouvez aussi observer un gonflement modéré, une sensation d’instabilité et parfois une difficulté à tendre complètement la jambe dans les heures qui suivent le traumatisme.

Arthrose fémoro-tibiale interne : pourquoi la flexion réveille les symptômes

L’arthrose du compartiment interne correspond à une usure progressive du cartilage entre le fémur et le tibia côté interne. Cette dégradation est favorisée par l’âge, le surpoids, un défaut d’alignement en varus (jambes arquées) ou des antécédents de blessures méniscales ou ligamentaires. Lors de la flexion, les surfaces articulaires se rapprochent et les contraintes augmentent sur la zone usée, déclenchant douleur et raideur.

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Les symptômes typiques incluent une raideur matinale qui s’atténue après quelques pas, une douleur à la descente des escaliers, des craquements à la mobilisation et une diminution progressive de l’amplitude articulaire. Le gonflement peut être discret ou modéré, et la douleur s’aggrave généralement après une activité prolongée en charge.

Identifier la cause : symptômes précis, examens cliniques et imagerie

Face à une douleur interne du genou en flexion, l’examen clinique reste la première étape essentielle. Un interrogatoire précis sur les circonstances de survenue, les activités pratiquées et l’évolution des symptômes oriente déjà fortement le diagnostic. Les tests cliniques spécifiques et l’imagerie viennent ensuite confirmer ou infirmer les hypothèses.

Quels éléments du contexte orientent vers ménisque, ligament ou tendon

Le mode de survenue constitue un indice précieux. Une douleur apparue brutalement après une torsion du genou, un changement de direction rapide ou un choc direct évoque plutôt une lésion méniscale ou une entorse ligamentaire. À l’inverse, une douleur installée progressivement, sans traumatisme identifiable, fait davantage penser à une arthrose, une surcharge tendineuse ou une inflammation de la patte d’oie (tendinite des trois tendons s’insérant sur la face interne du tibia).

D’autres signes permettent d’affiner l’orientation : la présence de blocages ou de sensation d’accrochage plaide pour le ménisque, une instabilité ressentie en appui évoque le ligament latéral interne, tandis qu’une raideur matinale prolongée et une amélioration au repos orientent vers l’arthrose. Les douleurs nocturnes, la présence de gonflement et la réponse aux anti-inflammatoires sont aussi des éléments à prendre en compte.

Quels examens et imageries demander pour une douleur interne en flexion

L’examen clinique par un médecin généraliste, un rhumatologue, un médecin du sport ou un kinésithérapeute permet de réaliser des tests spécifiques : palpation de l’interligne articulaire, manœuvre de McMurray pour le ménisque, test en valgus pour le ligament latéral interne, évaluation de la mobilité et de la stabilité. Ces tests orientent déjà fortement le diagnostic et déterminent la nécessité de réaliser des examens complémentaires.

La radiographie standard du genou (face et profil, parfois en schuss pour mieux voir l’interligne) est systématiquement prescrite en première intention. Elle permet de rechercher un pincement articulaire évocateur d’arthrose, une déformation osseuse, un épanchement ou une calcification. L’IRM est ensuite demandée en cas de suspicion de lésion méniscale, ligamentaire ou cartilagineuse non visible à la radiographie, surtout si la douleur persiste malgré un traitement initial bien conduit ou si une intervention chirurgicale est envisagée.

Examen Indication principale Informations apportées
Radiographie Première intention systématique Arthrose, alignement, épanchement, calcifications
IRM Suspicion de lésion méniscale ou ligamentaire État du ménisque, ligaments, cartilage, œdème osseux
Échographie Exploration des tendons et épanchement Tendinite de la patte d’oie, bursite, épanchement

Traitements et soulagement de la douleur genou interne en flexion

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Une fois la cause suspectée ou confirmée, la prise en charge vise à soulager la douleur, réduire l’inflammation et restaurer progressivement la fonction du genou. La majorité des douleurs internes en flexion répondent bien aux traitements conservateurs, notamment la rééducation et l’adaptation des activités. Les options plus invasives sont réservées aux cas réfractaires ou aux lésions structurelles majeures.

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Que faire immédiatement quand la douleur interne empêche de plier le genou

Dans les 48 à 72 heures suivant l’apparition d’une douleur aiguë, appliquez le protocole classique de repos relatif, glace, compression et surélévation. Limitez les mouvements qui déclenchent la douleur, notamment les flexions profondes, les accroupissements et les escaliers. Appliquez de la glace localement pendant 15 à 20 minutes, trois à quatre fois par jour, pour réduire l’inflammation et calmer la douleur.

Votre médecin peut vous prescrire des antalgiques simples (paracétamol) ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène) pour soulager la douleur et faciliter la reprise progressive du mouvement. Évitez de forcer ou de continuer à solliciter intensément le genou tant que la douleur aiguë persiste, au risque d’aggraver la lésion initiale.

Exercices et renforcement pour stabiliser le genou et réduire la douleur

La rééducation kinésithérapique constitue le pilier du traitement conservateur pour la plupart des douleurs internes du genou. Un programme personnalisé vise à renforcer les muscles stabilisateurs du genou (quadriceps, ischio-jambiers, adducteurs), améliorer la proprioception et corriger les déséquilibres musculaires qui surchargent le compartiment interne.

Les exercices isométriques du quadriceps, les demi-flexions contrôlées en chaîne fermée, le travail d’équilibre sur une jambe et les étirements adaptés permettent de progresser sans réveiller l’inflammation. Le kinésithérapeute adapte l’intensité et la progression en fonction de vos douleurs et de votre évolution. Ce travail actif réduit significativement la douleur, améliore la mobilité et prévient les récidives à moyen terme.

Infiltrations, orthèses et chirurgies : quand envisager ces options avancées

Lorsque les traitements conservateurs ne suffisent pas après plusieurs semaines, des infiltrations peuvent être proposées. Les injections de corticoïdes visent à réduire l’inflammation locale, notamment en cas d’arthrose ou de synovite associée. Les injections d’acide hyaluronique (viscosupplémentation) peuvent améliorer la lubrification articulaire et soulager certaines arthroses débutantes ou modérées, avec un effet retardé mais prolongé.

Des semelles orthopédiques sur mesure peuvent corriger un défaut d’appui et redistribuer les charges sur le genou, soulageant ainsi le compartiment interne. Une genouillère de décharge ou de contention peut également être utile lors d’activités spécifiques. Enfin, la chirurgie (méniscectomie partielle sous arthroscopie, suture méniscale, ligamentoplastie, ostéotomie tibiale de valgisation ou prothèse unicompartimentale) est réservée aux échecs des traitements conservateurs bien conduits, aux lésions mécaniques majeures ou aux arthroses invalidantes.

Prévenir la récidive et protéger durablement le compartiment interne du genou

Soulager la crise douloureuse ne suffit pas toujours à empêcher la réapparition des symptômes. Pour préserver durablement la santé de votre genou, il est indispensable d’identifier et de modifier les facteurs de risque qui favorisent la surcharge du compartiment interne. Adapter vos activités, optimiser votre poids et corriger les défauts d’alignement constituent des leviers efficaces à long terme.

Comment adapter sport, travail et gestes du quotidien pour ménager le genou

Limiter les flexions profondes prolongées, les positions accroupies répétées et les charges lourdes portées en appui sur une jambe réduit considérablement les contraintes internes. Si vous pratiquez un sport pivot-contact (football, handball, tennis), une reprise progressive et un échauffement adapté sont essentiels. Privilégiez temporairement des activités à moindre impact comme le vélo, la natation ou le renforcement musculaire en salle pour maintenir votre condition physique sans agresser le genou.

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Au travail, si votre poste impose des stations debout prolongées ou des mouvements répétitifs sollicitant le genou, prévoyez des pauses régulières, portez des chaussures adaptées et aménagez si possible votre environnement pour limiter les contraintes articulaires. Ces ajustements simples font souvent une réelle différence sur la journée et préviennent l’aggravation progressive.

Poids, alignement des membres inférieurs et chaussures : des facteurs souvent sous-estimés

Le surpoids augmente significativement les forces de compression sur le compartiment interne du genou à chaque pas, surtout lors de la descente d’escaliers ou de pentes. Perdre quelques kilos, même modestement, réduit de manière proportionnelle les contraintes articulaires et améliore nettement les symptômes chez de nombreuses personnes.

Un défaut d’alignement des membres inférieurs, notamment un genu varum (jambes arquées), concentre les charges sur le compartiment interne et favorise l’usure précoce du cartilage. Un bilan podologique ou orthopédique permet d’évaluer la nécessité de semelles correctrices pour mieux répartir les appuis. Le choix de chaussures adaptées, avec un bon amorti et un soutien suffisant, participe également à la prévention des douleurs et à la protection articulaire au quotidien.

Quand consulter d’urgence pour une douleur interne du genou en flexion

Certains signaux doivent vous alerter et imposent une consultation rapide. Un blocage complet du genou empêchant toute flexion ou extension, une impossibilité totale de poser le pied au sol, un gonflement très important et rapide ou une déformation visible justifient un avis médical urgent, voire un passage aux urgences.

De même, l’apparition d’une fièvre, d’une rougeur locale, d’une chaleur importante ou d’une altération de l’état général associée à la douleur du genou doit faire suspecter une cause infectieuse (arthrite septique) ou inflammatoire nécessitant un traitement en urgence. En cas de doute, ne tardez pas : consulter rapidement permet d’éviter l’aggravation d’une lésion ou la perte de chance liée à un retard de prise en charge.

Une douleur au genou interne en flexion n’est jamais anodine mais peut être efficacement soulagée dès lors que la cause est identifiée. Que ce soit un problème méniscal, ligamentaire ou articulaire, une prise en charge adaptée associant traitement médical, rééducation et ajustements du mode de vie permet dans la grande majorité des cas de retrouver une mobilité confortable et de reprendre vos activités sans douleur.

Éloïse Garcin-Bréval

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